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Echanger, pour mieux soutenir les jeunes

Echanger, pour mieux soutenir les jeunes

Publication of type Evènement published on 18-07-2016 - Download attached file

La semaine dernière, plusieurs structures européennes de soutien à l’entrepreneuriat social se retrouvaient à Lisbonne pour la conclusion d’un programme européen destiné à l’échange de bonnes pratiques. L’intérêt était notamment de faire se rencontrer des structures du monde de l’insertion, de la lutte contre la pauvreté ou le chômage et celles de promotion de l’entrepreneuriat social, avec un même prisme : soutenir les jeunes, qu’ils soient entrepreneurs sociaux ou bénéficiaires des actions d’entreprises sociales en Europe. Une dynamique d’échange très rafraichissante pour deux françaises habituées aux forums en silo !

Le projet, qui a duré deux ans, voulait faire correspondre et se rencontrer des connaissances et des expériences : l’idée, comme de nombreux projets ERASMUS, est de permettre aux structures de partager et définir des méthodologies, créées et testées par différents porteurs de projet – académiques, organisations de base, institutions, associations, etc. Toutes celles participant à ce programme baptisé ELYSE (European Learning for Youth in Social Entrepreneurship) se rejoignaient autour du soutien aux jeunes entrepreneurs. Tous les participants ont pris à cœur le conseil de l’un des premiers intervenants, Michael Niman, jeune entrepreneur londonien: « Network like crazy, meet as many persons as you can, seriously: you never know, start making meaningful relations: they could be the game changer in what you do, four years from now ! »

Si les discussions ont permis de partager des réponses aux besoins de transformer l’entrepreneuriat expérimental, l’intérêt était aussi de réaliser que, catalogués entreprise sociale ou non, tous les jeunes concernés avaient « fait naître leur initiative d’un bouleversement personnel, et d’une volonté de faire changer la vie d’autres jeunes ». Il s’agit vraiment d’un effet boule de neige, car, rappellent les participants, « les jeunes soutenus ont toujours cette vertu de faire communiquer les mondes et les générations… mais aussi de challenger les perceptions négatives ». C’est le cas de Saeed Atcha (@saeedatcha), londonien également, qui a créé un magazine orienté vers la jeunesse, et impulsé une charte dans la presse locale pour contrecarrer ces préjugés et éviter des expressions telles que « YOB » («  young mob ») , « animals », etc.

Les perspectives étaient réellement complémentaires, depuis un contexte anglais où l’entrepreneuriat social est connu du grand public, à l’environnement croate où, comme le soulignait Antonia Banovic de la plateforme croate pour l’innovation éco-sociale et le développement (@antonia_banovic), l’entrepreneuriat social est « surtout emmené par la société civile, qui souffre d’une mauvaise réputation en ce qui concerne l’élan entrepreneurial ». En Bulgarie, où Elitsa Barakova gère Bcause Bulgaria depuis maintenant vingt ans, le focus jeunesse semble moins important que « l’appui à l’entrepreneuriat, très faible globalement du côté des institutions et nécessitant une grande pédagogie du côté des porteurs de projet ». Si les motivations et les expériences sont assez diverses selon les pays ayant participé au projet ELYSE, les conclusions sur l’effet de changement social des jeunes entrepreneurs sociaux sont partagées :

-          Diriger une entreprise sociale est une expérience de développement personnel puissante ;

-          Une première expérience de l'entrepreneuriat social peut susciter un intérêt à long terme pour l'action sociale ;

-          Les jeunes apportent une approche distinctive et précieuse à l'engagement de leurs pairs dans les projets ;

-          L’entrepreneuriat social des jeunes a le potentiel de créer des bénéfices économiques et sociaux importants.

Pour toutes les structures de soutien, comme le résumait Krisztina Tora (@KrisztinaTora ) qui dirige le réseau international GSEN impulsé par Unltd, soutenir des jeunes entrepreneurs ou des entrepreneurs sociaux, « c’est un équilibre habile entre soutenir, être un ami critique, et laisser l’espace aux gens d’essayer, et de se tromper, un million de fois si nécessaire. »

De fait, l’échec a été abordé à plusieurs reprises, depuis des perspectives très variées :

Rohim Mohammed (@RohimMo) et Ahmed Al-aagan du programme #DOITFORREAL rappelaient notamment qu’« avoir des jeunes de notre quartier qui réalisent des projets, se lancent et prennent confiance, luttent pour une idée positive, c’est notre succès… Donc nous ne voyons aucun échec. »

Emeline Stievenart, du cabinet français KiMSO (@KimsoConseil) spécialisé dans l’évaluation d’impact social, rappelait à l’assistance le conseil qu’elle a le plus de mal à faire appliquer par ses clients : "Soyez le plus humble et le plus transparent possible au moment d’évaluer vos impacts. Associez vos parties prenantes. L’apprentissage, c’est le process, pas le résultat et certainement pas la communication qui est faite autour.”

 

Cette composante d’apprentissage était confortée par la présence de plusieurs jeunes porteurs de projet, comme Saschan Fearon-Joseph (@SaschanJFJ), jeune londonienne à l’initiative de the Womb Room (@TheWombRoom), entreprise sociale qui vise à soutenir les jeunes femmes souffrant de problèmes de santé gynécologiques ou reproductifs – « l’offre » existante par ailleurs étant, jusqu’à présent, exclusivement destinée aux femmes plus âgées. De fait, le projet ELYSE a également fait dialoguer les retours d’expérience de jeunes porteurs de projet et ceux des accompagnants, dans une démarche qualitative et quantitative que l’on peut retrouver dans le rapport, publié à l’occasion de cette rencontre lisboète.

Alors que Krisztina Tora rappelait dès l’ouverture « à nos amis des institutions, des fondations et des corporations : plus d’argent doit être investi dans l’entrepreneuriat social ! », la collaboration entre acteurs était bien sûr au cœur des préoccupations : entre organisation d’appui et jeune entrepreneur bien sûr, mais également à travers les partenariats avec les entreprises ou leurs salariés.

Ainsi, nous avons pu entendre un discours totalement convergent entre des expériences italiennes en France, Franco-palestino-américaines à Rabat et espagnoles à Madrid, sur le fait de choisir précautionneusement ses partenaires corporate :

-          Emanuele Musa de babele.co (@emanuelemusa), spécialiste du crowd-thinking, présentait son cadre méthodologique déclinant les objectifs par parties prenantes à mobiliser en insistant sur l’identification des intérêts de chaque partenaire : « Il faut comprendre autant les motivations extrinsèques du partenaire (reconnaissance, statut social, public, rétribution financière, etc.) que les motivations intrinsèques (excitation, challenge, confiance en soi, changement de sujet, etc…) ».

-          Eric Asmar du Centre marocain pour l’innovation et l’entrepreneuriat social (@MoroccanCISE) déclinait cette disposition pour la mobilisation d’un réseau de mentors pour ses jeunes entrepreneurs : « Nous associons toujours les mentors à la sélection car leur motivation est surtout basée sur l’attachement au projet, donc s’ils ont participé à sa sélection ils y sont plus dévoués… et fidèles ! », rejoignant en cela José Luis Ruiz De Munain, d’UNLTD Espagne qui vient de monter un partenariat d’envergure avec une grande entreprise pharmaceutique, sous la forme d’un challenge : « la sélection, très importante phase, doit se faire ensemble, en partenariat, pour que tout le monde partage les risques et l’attachement aux projets ! »

C’est en effet avec grand plaisir que nous avons constaté que la majorité des ateliers consacrés aux relations entreprises suivaient la même visée : « Il n’y a pas grand-chose à gagner dans le sponsorship, il faut travailler avec le management ! ». L’une des discussions a même tourné autour d’une entreprise sociale œuvrant dans la nourriture durable, et sur ses questionnements autour de l’intérêt de se faire racheter par un grand groupe, comme Ben&Jerry’s par Unilever, comme une option efficace pour faire évoluer, de l’intérieur, les pratiques d’une structure « qui ne partage pas nos valeurs au départ ». L’un des ateliers permettait également de mettre en pratique la réflexion autour de la mobilisation stratégique des partenaires entreprises au côté d’une entreprise sociale. Un groupe s’est ainsi demandé comment appuyer une jeune entreprise sociale produisant des produits sanitaires féminins sans danger et responsables, et l’idée est apparue de mobiliser des retailers pour rembourser la TVA sur ces produits, sur le modèle de Marks& Spencer’s, remboursant au Royaume-Uni la TVA sur ses sous-vêtements post-chirurgie mammaire. 

Comment mettre en place un atelier auprès d’étudiants pour promouvoir le SB ? Comment mieux recruter ses jeunes entrepreneurs, de la diffusion de l’information à l’intégration au programme de soutien ? Quel suivi proposer aux projets, avec quelle temporalité ? Quelle articulation entre le projet et son porteur ? … Les questions restent multiples mais la dynamique collective est enclenchée, qui permettra sans aucun doute aux participants de faire co-créer leurs réseaux pour y répondre ensemble !

Le rapport de ces deux années de programme d’échange #elyseproject est disponible en ligne (bit.ly/29r3pFE)

THÈMES D'ENGAGEMENT SOCIÉTAL
Education & Formation, Développement économique et local, Finance solidaire, Social Business, Support et renforcement du secteur associatif
ZONES D'INTERVENTION
Albanie - Allemagne - Andorre - Autriche - Belgique - Bosnie-Herzégovine - Bulgarie - Croatie - Danemark - Espagne - Estonie - Finlande - France - Gibraltar - Grèce - Groenland - Hongrie - Îles Féroé - Irlande - Islande - Italie - Kosovo - Lettonie - Liechtenstein - Lithuanie - Luxembourg - Macédonie - Malte - Monaco - Norvège - Pays-Bas - Pologne - Portugal - République Tchèque - Roumanie - Royaume-Uni - Saint Marin - Saint-siège - Serbie - Slovaquie - Slovénie - Suède - Suisse - Svalbard et Jan Mayen - Yougoslavie
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