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Sponsoring hors-jeu

Sponsoring hors-jeu

Publication of type Brève published on 18-07-2016

Vingt ans après les premiers scandales qui ont éclaboussé le monde du football (qui ne se souvient pas des images des enfants pakistanais en train de coudre des ballons de football à l’effigie de Nike ?), le modèle de développement économique des sponsors reste axé sur le marketing, aux dépens des conditions de travail de leurs sous-traitants asiatiques. Une politique de la sourde-oreille que la société civile et les consommateurs scrutent de mieux en mieux.

Pour exemple, l’écho reçu par une étude du Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne (BASIC), commanditée par Le Collectif Ethique sur l’étiquette, intitulée « Anti-jeu, les sponsors laissent les travailleurs sur la touche ». Publié le 1er juin 2016, ce rapport très détaillé accable les pratiques de répartition du prix des produits emblématiques des 3 principaux sponsors des équipes de l’Euro 2016 : Nike, Adidas et Puma, qui pèsent ensemble plus de 70 % du marché mondial des chaussures et de vêtements de sports.

 

Ce rapport nous apprend que : 

-       les dividendes versés aux actionnaires des sponsors ont explosé. Ainsi, par exemple, les dividendes versés aux actionnaires de Nike ont connu une hausse de 135 % (soit 3 milliards d’euros de dividendes) en 10 ans.

-       les budgets consacrés au marketing augmentent également. La somme cumulée des contrats annuels de sponsoring des trois équipementiers auprès des 10 principaux clubs européens de football s’élève à plus de 406 millions d’euros en 2015, contre 262 millions d’euros en 2013, soit une hausse de 144 millions d’euros en deux ans.

-       Paradoxalement, les salaires versés aux fournisseurs sont en-deçà du minimum nécessaire pour vivre décemment, c’est à dire que les salaires ne permettent pas aux travailleurs d’accéder aux besoins fondamentaux tels que le logement, l’énergie, l’eau potable, la santé, l’éducation et la sécurité. Selon le rapport, le paiement d’un salaire décent pour l’ensemble des travailleurs représenterait une somme inférieure aux dépenses de marketing et sponsoring des entreprises. Les auteurs notent également un désinvestissement progressif de la Chine, qui serait désormais considérée trop chère (c’est le seul pays d’Asie où le salaire moyen rejoint le salaire décent). Ainsi, en à peine trois ans, l’approvisionnement de Puma en textile et chaussures en provenance de Chine a baissé de 23% alors que ses achats en provenance du Vietnam ont augmenté de 13%.

Suite à l’invitation du Centre des Ressources sur les entreprises & les Droits de l’Homme, Nike, Adidas et Puma ont pu répondre aux allégations du Collectif Ethique sur étiquette. Ainsi, Adidas estime « respecter son engagement en faisant preuve de responsabilité dans l'approvisionnement de ses produits » . 

 

On est tenté ici d’inverser la célèbre assertion de Michel Platini et regretter que le football soit un produit avant d'être un jeu, un marché avant d'être un sport et un business avant d'être un spectacle.

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