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La certification, une liaison dangereuse ?

La certification, une liaison dangereuse ?

Publication of type Brève published on 21-06-2016

Alors qu’il avait annoncé en mai dernier attaquer en justice la décision de la Table Ronde pour l’huile de palme (RSPO) suspendant son certificat de durabilité, le groupe malaisien IOI de production d’huile de palme est finalement revenu sur sa décision.  Bien qu’abandonnée, la poursuite d’IOI soulève des questions sur les relations entre les entreprises et les organes de certification.

Suite à une procédure de plusieurs années, les membres de la RSPO - structure initiée à l’origine par le WWF - ont décidé en mars de suspendre le label de durabilité du groupe IOI. Ce retrait, qui vise trois opérations sites d’IOI à Kalimanta (Indonésie), était motivé par les infractions systématiques aux dispositions du label par ses sous-traitants.

Le groupe IOI décida alors de poursuivre la RSPO devant les tribunaux suisses pour retrait illégitime de certificat. Pour lui, cette suspension serait une sanction disproportionnée et ses dirigeants estiment avoir été le « bouc-émissaire » du label. Surtout, cette sanction a causé des pertes économiques considérables et a eu un impact négatif sur la réputation du groupe. Ainsi, en réaction à la suspension de leur certification, plusieurs géants de l’alimentation, clients clés du groupe, ont annoncé qu’ils cessaient de s’approvisionner en huile de palme chez IOI (Nestlé, Mars, Unilever, Kellogs).

Cette poursuite judiciaire faisant l’objet d’un déluge de critiques de ses clients et de la société civile, le groupe IOI a finalement décidé de retirer son action le 6 juin et s’est même engagé à adopter un système de certification plus contraignant avant la fin de l’année.

On peut s’interroger sur le comportement d’IOI, qui est l’un des membres fondateurs de la RSPO et participe au processus décisionnel. Or, en 2013, l’Assemblée Générale de la RSPO a décidé de durcir son label et son régime de contrôle, notamment en révisant son Comité des plaintes afin de le rendre plus indépendant, transparent et efficace. Jusqu’alors, c’était le comité exécutif de la RSPO, dominé par les producteurs, qui statuait sur les plaintes, ce qui engendrait de nombreux conflits d’intérêts. Visiblement, cette révision a été efficace puisqu’elle a permis au Comité de plaintes de prendre pour la première fois la sanction la plus élevée prévue dans le mécanisme coercitif de la RSPO : la suspension du certificat de durabilité du groupe IOI.

 

Cette affaire illustre la complexité des relations entre les entreprises et les organes de certification. Les entreprises choisissent – certes sous la pression de leurs clients - d’être labellisées « huile de palme durable » et devraient donc, en devenant membre, se soumettre aux règles prévues par les organes de certification. Si une entreprise ne respecte pas les dispositions du label de durabilité, il est logique que celui-ci soit suspendu. Pour arriver à une telle sanction, il est primordial que l’organe chargé de contrôler le respect du label soit indépendant. Cela dit, la plus grosse sanction pour l’entreprise est économique : le client est roi, et aujourd’hui le client souhaite de l’huile de palme durable.

 

THÈMES D'ENGAGEMENT SOCIÉTAL
Peuples autochtones et minorités, Agriculture, Climat & Carbone, Droits humains
ZONES D'INTERVENTION
Bangladesh - Bhoutan - Brunei Darussalam - Cambodge - Inde - Indonésie - Laos - Malaisie - Maldives - Birmanie - Népal - Philippines - Singapour - Sri Lanka - Thaïlande - Vietnam - Territoire britannique de l'océan Indien - Timor oriental
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