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B&C Brief #9 - Dec 10

B&C Brief #9 - Dec 10

Publication of type B&C brief published on 01-12-2010 - Download attached file

Focus Amérique du Sud

Edito

Si nous vous présentons pour cette édition des réalisations innovantes associant ONG et entreprises en Amérique du Sud, le très récent débat soulevé par plusieurs médias internationaux sur le microcrédit en Inde nous semble un sujet

d’actualité digne que l’on y regarde de plus près. Dans le domaine de l’innovation sociétale, le microcrédit est souvent cité comme modèle. Sa dissémination au Nord comme au Sud depuis son berceau au Bangladesh montre son utilité et sa souplesse d’usage pour les quelques 150 millions de micro-emprunteurs dans le monde. Or ce modèle est ébranlé par une crise d’une ampleur potentiellement consi- dérable, en train de se jouer au sein du plus large secteur national de microcrédit, en Inde. Dans l’État d’Andhra Pradesh, le gouvernement a pris une ordonnance instaurant un moratoire sur toutes les opérations. Les emprunteurs ont cessé de rembourser leurs prêts. En cause : des problèmes sociaux liés au surendettement des micro-emprunteurs.

La crise actuelle est le résultat de la croissance effrénée du secteur, qui a conduit à la fois à un emballement peu soutenable économiquement et à des pratiques malhonnêtes vis-à-vis des clients. Cette croissance a été soutenue par une législation nationale favorisant l’investissement dans les secteurs socialement porteurs ainsi que par les banques. En effet, les institutions de micro-finance indiennes sont des entreprises, jusqu’ici florissantes, dans lesquelles le système bancaire indien aurait investi plus de quatre milliards de dollars. SKS, le leader indien du microcrédit, coté en bourse depuis l’été dernier, prête aujourd’hui à près de six millions de clients. La crise indienne semble bien être la première bulle spéculative dans le champ du Social Business.

En comparaison, le microcrédit bangladais, qui a crû lentement mais sû- rement, dominé par BRAC et la Grameen Bank du professeur Yunus, est resté géré par des structures majoritairement not-for-profit selon la philosophie de ce dernier : « no loss, no dividend ».

Se pose donc la question de la régulation. Auto-régulation par le marché, régulation volontaire du secteur, lois encadrant les activités de micro- crédit, le champ des possibilités est vaste pour éviter que les dérives du secteur financier traditionnel ne transpirent sur un secteur qui, plus que tout autre, a besoin de transparence et de confiance pour se développer et ainsi répondre aux enjeux sociaux auxquels il s’attaque. Le fait que les publics-cible soient vulnérables ne devrait-il pas rendre les garde-fous d’autant plus systématiques et obligatoires ? On le voit, la responsabilité sociétale ne doit pas s’arrêter aux portes des entreprises...

C’est précisément le message de la norme ISO 26 000, issue de cinq années de travaux internationaux et dont la version finale a été validée en octobre dernier : norme de comportement et non de certification, elle concerne la responsabilité sociétale de toutes les organisations. Elle distingue sept questions centrales, dont celles de la loyauté des pratiques, des relations avec les consommateurs, usagers et clients et enfin celle de l’investissement local et auprès des communautés. De nombreux « do- maines d’action » indiqués par la norme pour chacune de ces questions impliquent une relation bien comprise et bien organisée avec les ONG. Au-delà du cas du microcrédit, ces liens sont nécessaires à la fois pour bien identifier les besoins et les impacts, mais aussi parce que ces relations permettent de créer avec l’entreprise une mise en tension des questions économiques et sociales, qui génère le mouvement néces- saire à la bonne conduite des projets innovants et à la compréhension de ses champs de responsabilité.

C’est aussi le credo de Be-linked ; c’est pourquoi nous tenterons dans nos prochains numéros et évènements de vous tenir informés des inter- prétations et mises en œuvre possibles de l’ISO 26 000 dans le domaine spécifique des relations aux parties prenantes et plus spécialement aux ONG et acteurs de la société civile.

THÈMES D'ENGAGEMENT SOCIÉTAL
Peuples autochtones et minorités, Agriculture, Développement économique et local, Biodiversité, Tourisme, hôtellerie et restauration, Finance, corruption et transparence, Normes, lois et réglementations, Entrepreneuriat, Support et renforcement du secteur associatif, Technologies de l'information et de la communication TIC
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